Qui me cible : La publicité politique de l’élection fédérale canadienne de 2019

À titre de lauréat de prix du Défi de recherche sur l’écosystème numérique, le Ryerson Leadership Lab s’est associé à Vox Pop Labs et à l’expert étranger invité, Sam Jeffers, cofondateur de Who Targets Me. Ensemble, nous examinerons comment la publicité politique sur Facebook cible les Canadiennes et les Canadiens pendant la prochaine élection fédérale.

Entre la 41e et la 42e élection fédérale canadienne, les dépenses en publicité des principaux partis politiques au-delà de la télévision et de la radio traditionnelles ont augmenté de 15 % à 25 %. Les données provenant d’élections provinciales récentes indiquent que la tendance vers la publicité numérique ciblée gagne du terrain, car les Canadiennes et les Canadiens utilisent les plateformes de médias sociaux comme principale source de nouvelles.

Selon notre récent rapport Renforcer l'espace public, Facebook est la plateforme de médias sociaux dominante au Canada. En effet, plus de 7 adultes canadiens sur 10 l'utilisent et environ deux tiers d’entre eux la consultent tous les jours. Avec le retrait de Google du marché de la publicité politique en réaction à de nouvelles exigences réglementaires canadiennes au sujet d’un registre sur les messages publicitaires, Facebook pourrait devenir la principale plateforme publicitaire au cours de la 43e élection fédérale. Toutefois, peu de recherches ou de mobilisations de connaissances ont été effectuées à ce jour sur ce changement important dans notre processus démocratique.

error155.jpg

Ce projet vise à recruter environ 2 000 Canadiennes et Canadiens qui téléchargeront volontairement l’extension de navigateur Who Targets Me (Qui me cible). Cette extension collecte de façon anonyme les annonces publicitaires politiques payées sur les flux de nouvelles des comptes Facebook des participants et sera reliée au profil anonyme du participant (âge, sexe, géographie, ethnicité, études, revenus, religion, idéologie politique, identité du parti politique et évaluations de leaders politiques).

Les données recueillies seront utilisées en agrégat sur une base régulière tout au long de l’élection, et les rapports seront mis à la disposition du public et des médias. Les données seront utilisées pour répondre à des questions pressantes en ce qui concerne les messages publicitaires politiques au Canada, y compris les cibles, le secteur démographique, les auteurs et le contenu des annonces publicitaires politiques pendant toute la période des élections fédérales en plus d’aider à évaluer les nouveaux règlements portant sur la publicité politique et la réponse de Facebook.

En vertu de sa mission, le Ryerson Leadership Lab invite des experts étrangers à travailler à l’intersection de la technologie et de la démocratie au Canada. Son dernier expert étranger invité en septembre 2019, Sam Jeffers, est le cofondateur de Who Targets Me (Qui me cible), offerte dans plus de 30 langues et installée par plus de 20 000 utilisateurs dans plus de 80 pays. 

Le partenaire de ce projet, Vox Pop Labs, crée des technologies novatrices favorisant la participation démocratique, dont la boussole électorale du réseau CBC-SRC, des modèles statistiques permettant la transformation des données de sondage d’observations anecdotiques à des déclarations représentatives du public. Son chef de la direction, Clifton van der Lindon, est professeur adjoint en sciences politiques à l’Université McMaster.

Le Ryerson Leadership Lab lancera officiellement le projet le vendredi 13 septembre. Se joindront à lui des experts, des dirigeants municipaux et des membres de la communauté afin de mieux comprendre comment nous pouvons rendre notre gouvernement et notre système politique plus transparent.

Artboard 1.png

Ce partenariat a été rendu possible par le Défi de recherche sur l’écosystème numérique, dirigé par Taylor Owen de l’École de politiques publiques Max Bell et Elizabeth Dubois, professeure adjointe à l’Université d’Ottawa et experte invitée du Forum des politiques publiques.